
Cette 250 GT LWB est indiscutablement l’une des Ferrari de compétition les plus importantes sur le plan historique. Elle sera l’une des stars de la vente aux enchères organisée par RM Sotheby’s à Paris le 28 janvier 2026.
Parmi les berlinettes Ferrari 250 GT châssis long, aucun exemplaire ne correspond mieux à cette définition que celui qui est présenté ici et qui porte le numéro de châssis 0557 GT. C’est en effet cette même voiture qui a remporté le Tour de France Automobile 1956, une victoire tellement importante qu’elle a entraîné la nouvelle appellation du modèle, « Tour de France », ou « TdF ».
Sur les quatorze voitures de la première série, elle fait partie des neuf qui ont reçu la première carrosserie Scaglietti, dépourvue de louvres. Cette 250 GT LWB a été vendue au marquis Alfonso de Portago en avril 1956. Excellent pilote, doublé d’un athlète de au niveau, le filleul du roi Alphonse XIII d’Espagne était l’une des personnalités européennes les plus en vue de son époque.
En septembre 1956, cette Ferrari a été engagée sous le numéro 73 au Tour de France Automobile. L’épreuve de 5 800 km comportait deux courses de côte et six courses sur circuit dont ceux du Mans, des Comminges, de Reims et de Montlhéry. Alfonso de Portago et son ami Ed Nelson ont remporté cinq des six épreuves sur circuit, décrochant la victoire au classement général devant la Mercedes 300 SL d’usine de Stirling Moss et la Ferrai 250 GT Europa d’Olivier Gendebien.
Trois semaines plus tard, le marquis renouvelle sa performance à Montlhèry, puis enchaine en remportant sa catégorie au Grand Prix de Rome, puis une victoire au classement général des Coupes USA en avril 1957. Malheureusement, le marquis de Portago perd la vie au volant de sa Ferrari 335 S lors d’un tragique accident aux Mille Miglia.
Le châssis 0557 GT est ensuite revenu à l’usine de Maranello pour être vendu à un ami du marquis de Portago, Keith Schellenberg, magnat du transport maritime résidant au Royaume-Uni. Celui-ci a gardé cette Ferrari pendant 20 ans, avant de la proposer à la vente en 1983.
Cette 250 GT passera ensuite dans les mains de Peter Palumbo qui l’a vendra en 1992 au collectionneur Lorenzo Zambrano. En sa possession, elle a fait l’objet d’une restauration complète par le spécialiste Bob Smith Coachworks de Gainesville au Texas.
Au cours des 12 années qui ont suivi, cette 250 GT a fréquemment été exposée, remportant sa classe au Concours d’Élégance de Pebble Beach 1994, ou encore au Concours d’Élégance International Ferrari de Monterey, en Californie. Cette berlinette s’est aussi adjugée le Prix Blancpain au Concours d’Élégance Louis Vuitton du parc de Bagatelle et un Blue Ribbon au Concours d’Élégance de Meadow Brook 1997. Présentée à nouveau à Pebble Beach en août 2004, elle a remporté une troisième victoire de classe avant de recevoir un trophée Platinum au Concours International du FCA.
À la suite du décès de Lorenzo Zambrano en mai 2014, la Ferrari sera vendue à son propriétaire actuel. Elle a passé le plus clair de ses 10 dernières années soigneusement entreposée. Équipée de son moteur, de sa boîte de vitesses, de son pont arrière et de sa carrosserie d’origine, elle vient de recevoir sa certification Ferrari Classiche.
Indiscutablement la plus importante de toutes les 250 GT Tour de France, cette berlinette châssis long devrait attirer l’attention des plus grands collectionneurs Ferrari au monde. Elle est la seule Ferrari connue ayant remporté toutes les courses qu’elle a disputé à l’époque, avec en plus une victoire de classe au Concours d’Élégance de Pebble Beach. Elle peut légitimement prendre sa place parmi les Ferrari les plus importantes jamais sorties de Maranello.












