Achim Anscheidt, directeur du design Bugatti en télétravail

Achim Anscheidt

Suite au coronavirus, Bugatti est actuellement contraint de suspendre la production de ses superbes automobiles. Cependant, de nombreux collaborateurs continuent leur activité professionnelle en télétravail. C’est le cas d’Achim Anscheidt, directeur du design chez Bugatti.

Cet homme de 57 ans, qui vit avec sa famille à Berlin, fait habituellement la navette entre Molsheim et Wolfsburg an Basse-Saxe à bord du train à grande vitesse ICE. « Actuellement, ce n’est bien sûr pas possible, donc je fais de mon mieux pour coordonner mon travail avec l’équipe de design depuis mon domicile », nous explique Achim Anscheidt. Cela passe par de nombreuses conférences téléphoniques, un pratique courante en ce moment.

Pour que son travail créatif ne soit pas noyé par cette pratique quotidienne, Achim Anscheidt se réserve un espace de création dans son petit atelier sous les combles d’un ancien bâtiment berlinois. « C’est pour moi un lieu de retraite et en même temps un lieu d’inspiration. Je peux y essayer de nouvelles lignes, approfondir certains thèmes et développer des nouvelles idées. C’est un atelier sous les toits, chaleureux et baigné de lumière, dans lequel je me sens bien et où je surmonte bien les défis actuels de la distanciation sociale ».

Achim Anscheidt

Achim Anscheidt se laisse inspirer autant que possible par les personnes qu’il côtoie, avec la distance nécessaire, pour échanger des idées. Son cercle de connaissances est en partie constitué d’artistes, de musiciens et d’indépendants, qui publient leur travail créatif sur les réseaux sociaux ou encore qui transforment avec ingéniosité leur atelier de confection en fabrique de masques. « Chacun a compris qu’en ces temps d’épidémie, c’est un atout précieux. L’essentiel est maintenant d’agir les uns pour les autres sans la convivialité des rencontres et de s’engager dans la solidarité entre les hommes ».

Le processus créatif est aussi basé sur l’échange direct et la confrontation avec les collègues pour faire jaillir des idées. Travailler dans une pièce tranquille à la maison dans l’isolement actuel est peu propice à ce processus de création. Quant à la modélisation et la mise en œuvre des études virtuelles grâce aux équipements 3D, il attendent patiemment dans le studio de design Bugatti délaissé pour le moment.

Achim Anscheidt

Dans sa petite hutte en bois baignée de lumière sous les toits de sa maison, Achim Anscheidt se réjouit tous les soirs des derniers rayon de soleil. « Même si, en avril, il fait encore frais, j’apprécie le soir là-haut sous les toits », nous confit-il. Actuellement, il prend rarement le volant de sa Porsche 911 historique, restaurée et customisée. Une Bugatti Type 35 des années 20 attend, en raison de pièces de rechange manquantes, d’être restaurée dans sa cave. En échange, il se consacre dans son petit atelier de deux-roues à des bicyclettes délaissées qu’il avait acquises au marché aux puces en vue de les offrir à ses amis une fois remises en état. « Dans le centre-ville de Berlin, il devrait avoir plus de monde circulant en vélo », nous dit-il avec un clin d’œil.

Crédits photos : Bugatti

Achim Anscheidt